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Le Photojournalisme est mort. Vive le Photojournalisme ! – Photojournalism is dead. Long Live Photojournalism !

Wednesday, July 27th, 2011
Le Photojournalisme est mort. Vive le Photojournalisme !

Photojournalism is dead. Long Live Photojournalism !

Montage

Après le très inattendu rachat de l’agence photographique de célébrités et paparazzi Splash News par Corbis (Bill Gates), voici que Reuters et Getty seraient en discussions pour le rachat par la première de Wire Image,  LA référence de ‘l’entertainment photographié’ outre-atlantique, propriété actuelle de Getty Images (bien qu’ayant conservé son nom d’origine).
Le marché des agences de presse semble en pleine restructuration en cet été 2011, et la rentrée risque de présenter un paysage de désolation dans le petit monde de la photo de presse.
La France fut un temps la terre promise du photojournalisme avec ses fleurons de l’image journalistique, les Gamma, Sipa, Sygma, mais après la disparition d’Eyedea (feu Gamma, Rapho, etc…), le rachat de Sipa Press par l’allemand DAPD, l’exécution sommaire de feu Corbis-Sygma par le même Corbis (qui avait peut-être besoin de liquidités pour le rachat de Splash ?), le dépôt de bilan d’Angeli, que reste-t’il des agences de presse photographiques ?
Se dirige-t’on en avance rapide, comme nous le signalions déjà depuis bien longtemps vers une concentration de plus en plus forte des sources de productions d’images ?
Faut-il blâmer une mauvaise gestion desdites agences ou une pression trop forte de la clientèle de ces agences ?
Une chose est sure, le retrait accéléré des annonceurs dans les supports papiers (sous couvert de crise économique) a fortement impacté le prix de vente des images dans les magazines sur ces dernières années, et, en parallèle, le prix de vente des images sur les nouveaux médias (versions web, tablettes, mobiles etc…) n’a lui jamais vraiment été établi ou validé, se basant sur l’idée aussi fausse que saugrenue que la volatilité du contenu internet justifiait un prix d’achat des images ridiculement bas.
Pourtant que l’image soit publiée en double page dans un hebdomadaire ou qu’elle soit en vignette sur une site internet, elle a bien couté le même prix à produire pour l’agence dont elle provient !
Alors pourquoi cette même image qui serait vendue au moins 500 € en double page dans un magazine devrait-elle l’être 5 € sur internet ? Alors même qu’elle sera très certainement vue par 100 fois plus de personnes sur internet et que le lectorat (tirage ou nombre d’exemplaires en équivalent papier) a toujours été la base de calcul de la valeur d’une photo ?
Dans un marché en évolution rapide et incontrôlée depuis quelques années maintenant, les agences ont probablement fait l’erreur de s’entre-déchirer au lieu de s’unir, ouvrant ainsi la porte, par le jeu des fameuses ‘ventes au forfait’, à l’effondrement catastrophique des prix que nous connaissons aujourd’hui. Cette course à celui qui vendrait le moins cher, commencée au milieu de la décennie précédente par des agences plus petites et en mal de ‘présence majeure dans les journaux’, a fait le jeu des magazines (les clients), sans même qu’ils n’aient besoin de lever le petit doigt. Instaurant de facto des prix de plus en plus bas alors même que cela ne se justifiait en rien à l’époque, et permettant ainsi aux clients (les magazines), avec l’arrivée de la crise de sonner l’hallali des tarifs de la photo de presse, prétextant le contexte économique pour finir de faire s’effondrer des tarifs déjà moribonds et les faisant passer du même coup sous le seuil de rentabilité minimum requis pour que les agences survivent.
Les conséquences catastrophiques que nous prédisions déjà en 2005 commencent à devenir évidentes pour tous depuis quelques mois, et après un certain nombre de licenciement secs (économiques ou autres) dans les agences, les fermetures, les rachats désespérés et autres dépôts de bilans sont arrivés, préparant le terrain pour la dernière salve, celle qui verra les quelques géants du secteur se baisser pour racheter une bouchée de pain les stocks des dernières structures survivantes.
A une échéance probablement plus proche que nous ne souhaiterions l’imaginer, il ne restera probablement plus que quelques mastodontes qui se partageront le gros du marché (Getty, Corbis et les télégraphiques AFP, AP, Reuters pour ne pas les nommer), et quelques micro-structures de niches qui essayeront tant bien que mal de survivre dans l’ombre inquiétante de ceux qui définiront le marché de demain.
Qui sont et seront les grands perdants ? Les photographes bien sur !
Ceux qui sont déjà restés sur le carreau vous le confirmeront, et ils seront bientôt rejoints par une cohorte d’autres.
L’image du photographe n’avait pas encore assez pâti de l’avènement du numérique, il fallait ajouter la dévalorisation à l’insulte pour que la boucle soit bouclée.
L’inconscient populaire est déjà convaincu que photographe n’est plus un métier à part entière (sauf si l’on est paparazzi, effet de mode oblige) puisque tout un chacun peut aujourd’hui se prétendre photographe au gré de la dernière version d’hipstamatic ou du dernier logiciel de retouche automatisé permettant l’altération d’images faites au compact en full auto.
Voila maintenant que la concentration extrême des agences pour un vrai photographe de presse risque de le contraindre à ne devenir qu’un simple manoeuvre dénué de toute créativité.
A l’aune de la taille des groupes cités ci-dessus, il y a fort à parier que leurs méthodes de production devraient suivre les modèles économiques des grands groupes (de type CAC40), mettant la rentabilité au coeur de toute photo produite. Une bonne photo sera une photo vendue et qui n’aura pas couté cher à produire, quelle qu’en soit sa qualité. Il faudra toujours plus de volume, toujours plus vite, toujours moins cher… La seule façon de tenir les objectifs qui ne manqueront pas d’être fixés sera d’optimiser les coûts de production, donc d’offrir des conditions les plus basses possibles à la majorité des exécutants (pardon, des photographes) en salaires comme en piges, de façon à affecter le peu de budget restant à la machinerie logistique de transmission et de vente des images ainsi produites. Il est probable qu’un noyau d’irréductibles ‘grands noms’ du photo-reportage se verront encore offrir des conditions acceptables quelques temps, enfin, juste assez pour que la nouvelle génération fraichement sortie de l’école et trop contente de simplement trouver un job (même payé une misère) ne leur prenne la place…
Le capitalisme est soi-disant le moins mauvais des systèmes économiques existants ?
M’est avis qu’il est plus que temps de retourner devant un tableau noir et d’inventer un nouveau modèle économique mondial !
Pour en savoir plus sur les rachats récents ou présumés, c’est par ici, ici et ici (en anglais).
Days after the highly unexpected purchase of celebrity & paparazzi photo agency Splash News by Corbis (Bill Gates), we hear that Reuters could be talking to Getty regarding a possible purchase of Wire Image, THE American entertainment photo agency (currently owned by Getty as its entertainment branch of sorts, even though it kept its name yet is kind of in house competing with Getty’s entertainment own staff… go figure !).
The press photo agencies market seems to be evolving fast this summer and comes fall, the landscape in this little world of ours could be seriously devastated.
France once was the promised land of photojournalism, you know, back in the days of Gamma, Sipa, Sygma and co, but after Eyedea (ex Gamma, Rapho, etc…) finally disappeared, after Sipa was bought by Germany’s DAPD, after Corbis-Sygma was plainly executed by Corbis (maybe Bill needed cash to buy Splash ?), after Angeli filed for bankruptcy, who or better yet what is left standing ?
Have we taken the fast lane, as we have been predicting for a while now, to the concentration in the hands of a few giants of any and all press photography production means ?
Are bad business decisions by these agencies to blame or should we put it on too much pressure from their clients ?
One thing is for sure, the accelerated decline of advertising in print publishing (on account of the economy) has directly impacted the images prices over the past few years. All the while no real price list for online and tech medias (websites, tablet versions, etc…) pictures has been devised as everybody sort of bought into the stupid misconception that given the volatility of internet content, pictures prices had to be ridiculously low.
Objection your honor ! Wether the picture is a double page spread in a weekly or a thumbnail on a website, it costed the agency the same to produce !
So why would the same image be sold at least 500 $ to a weekly printed magazine, while it would go for 5 $ for its web version ? Especially considering that on the web the picture will be viewed by at least 100 times more people than on print and that the basis for pictures prices has always been circulation ?
In such a dangerously ‘spinning out of control’ market that has been going this way for a few years now, agencies made one fatal mistake, they decided to play solo instead of banding together, hence paving the way, with their infamous ‘subscription deals’ war, to the catastrophic prices collapse we are experiencing today.
This insane prices detach match that initiated last decade from smaller, placement craving, photo agencies helped magazines that were not even hoping for such a bargain. And consequently allowed them, once the actual crisis hit, to finish the job and slash the prices down even more, all the way to dangerous lows that would eventually prove to be below the rentability threshold for most photo agencies.
The dramatic consequences we were already predicting back in 2005 are becoming more obvious by the minute and after a few firing of photographers and staff members alike, agencies have started trying desperate alliances before filing for bankruptcy or just plainly shutting down. All the while preparing the market for the grand finale where the few giants left standing will just have to swoop in what’s left of these empty structures and buy their stocks out for a symbolic dollar.
In a much closer than we would like to admit future, only the giants will be left standing (Getty, Corbis and the wires AFP, AP, Reuters not to name them) along maybe with a few niche micro agencies evolving on a day to day basis under the threatening shadows of the market shaping ‘majors’.
Once the dust settles over this new era market, who do you think will emerge as the biggest losers of all ? Why, photographers of course !
Ask for confirmation to any of those who are already on the sidelines and those who will soon join them after the next joint venture, hostile takeover, reorganization or bankruptcy.
As if it wasn’t enough that the ‘digital revolution’ had already devalorized our job, economy had to add insult to injury to make it complete.
In people’s mind, being a photographer is not even a real job anymore (except maybe for paparazzi, but that’s just because it’s fashionable nowadays) since anyone can consider himself a photographer on any given occasion thanks to the latest version of hipstamatic or the newest automated photo editing software allowing for lousy retouching of program shot point and shoot images.
Now that the syndication options for any real press photographers are narrowing down drastically, what prevents a photographer from becoming just another shutter snitch ?
Considering the size of the aforementioned ‘majors’, there is a good chance that their production patterns will be tailored to those of their NYSE and Fortune 100 alter egos, putting profit first and foremost. A good picture will only be a sold picture that wasn’t too costly to produce, no matter its quality. The new business model will be : more and more more pictures, faster and faster, for less and less money. The only way to sustain this new business model will most likely be to set drastic cost killing policies for images production, hinged around very low retributions for shutter snitches (sorry, photographers) so as to keep enough money to cover the huge logistical aspects of their mass market photo production.
One can think that a happy few of renowned photo-reporters could still get decent salary conditions for a while, well, until the next generation of shutter snitches, fresh out of school and so happy to even get a job can replace them, that is.
Capitalism is supposedly the best of the worst of available economical models right ?
I cannot help but think that it is about time we go back to the blackboard and start thinking hard and long at a new global economical model !
Should you want to know more about the recent ventures or alleged ones, it’s here, here and here.